À l’orée du morcellement des Vieux Banians, une villa aux multiples baies vitrées offre à ses occupants plein accès à la nature.

Un grand jardin sert de “zone tampon” entre les berges arborées de la rivière et la villa.
La touche “nature” est présente jusque dans l’utilisation de bois brut pour la plage de piscine. Cette dernière, du reste, est tapissée d’ardoise verte pour mieux se fondre dans le décor.

Rien qu’un camaïeu de verts à l’horizon : d’un balcon, une vue panoramique sur la rivière Citron ; d’une autre chambre, vue sur les ruines de Balaclava et sur le sommet du Pouce… Et où que l’on se trouve, le bruissement de l’eau en contrebas… C’est sans doute ce qui a conquis la famille Harel, qui s’est installée dans cette villa à l’orée du morcellement Les Vieux Banians, dans le Nord-Ouest, il y a un peu plus de deux mois. “Entendre cela au réveil, chaque matin, c’est le rêve”, commente Odette Harel, en nous faisant découvrir chaque recoin de sa nouvelle demeure. Une maison où la petite famille se sent chez elle, bien dans ses meubles ! Et pour cause, chaque pièce de mobilier, chaque accessoire la suit dans ses déplacements. L’Afrique du Sud, le Royaume-Uni, la France et à présent Maurice. “Une maison, on peut en trouver une n’importe où, mais créer un véritable chez-soi, un nid douillet, c’est tout à fait autre chose.” Raison pour laquelle cette Sud-Africaine s’est plu à recréer “une ambiance”, plutôt qu’une “déco”.
Et ce, en s’appuyant sur du mobilier et des accessoires qui partagent une histoire commune avec sa famille. “Je pourrais dire d’où vient chaque objet qui se trouve dans cette maison. Chacun d’entre eux est comme un petit rappel d’un endroit où nous avons vécu ou que nous avons visité.” Ses lieux d’approvisionnement de prédilection ? Un magasin d’antiquaires de Londres, des grandes enseignes comme Habitat ou Roche Bobois ainsi que les petits marchés
sud-africains… Résolument en faveur de l’éclectisme, notre interlocutrice a bien compris que le style est avant tout une affaire personnelle. “Pour moi, il n’y a pas de demi-mesure. Soit on aime un objet, soit on ne l’aime pas…” Et puis, il n’est pas interdit de faire cohabiter un ensemble de style édouardien avec des meubles “en kit”. “J’ai toujours aimé assortir ainsi les objets, mélanger les styles”, note encore celle qui se serait bien vue en décoratrice d’intérieur.

Autres éléments toniques : le meuble télé trouvé chez Habitat et la lampe assortie découverte “par le plus grand des hasards” dans un magasin de Chiswick High Road à Londres.

L’ambiance chaleureuse est au rendez-vous grâce à des couleurs chatoyantes qui viennent donner le change au canapé ivoire aux formes généreuses signé Roche Bobois.
Aubergine, violine, prune, carmin sont les tonalités qu’affectionne Odette Harel, pour leur côté stimulant. Ainsi a-t-elle choisi comme pièces d’accent ces deux fauteuils aux motifs de feuille déclinés en prune. Et d’expliquer qu’ils sont une création du designer britannique Andrew Martin dont le concept store offre la possibilité aux clients de choisir le design et les tissus de leur choix.

Placés en face de l’entrée principale, deux petits sièges se font face. Il s’agit du modèle “Mayflower”, un des incontournables de Roche Bobois, choisi dans sa version violine.
Pour l’effet de contraste, il est associé à une table basse en verre, au design épuré.

Sur ces étagères, Odette Harel a réuni quelques éléments d’une collection d’art de la table fabriquée par Intshiba Crafts en Afrique du Sud, des plats signés Carrol Boyes, des statues de Bouddha de diverses provenances, des statuettes en malachite de Zambie, et… des coquillages locaux.

Les lignes bien définies de la rampe d’escalier côtoient les courbes d’un bahut au placage de bois très “seventies”… Notre hôtesse y a disposé des objets sud-africains – un vase de la sculptrice Carol Boyes, un plat peint à la main signé Sue Howard et des figurines – ainsi que des figurines du Lesotho. Au mur, un tableau peint par Raoul Dufy, artiste peintre belge français, impressionniste et fauviste très connu.

Notre hôtesse n’est pas peu fière de ce coffre d’origine chinoise orné de dragons sculptés dans le bois. Il lui a été légué par un oncle et une tante qui l’avaient eux-mêmes ramené de leur voyage de noces. Utilisé comme une console, il fait bon ménage avec un miroir fabriqué au Zimbabwe avec du bois de traverse de chemins de fer du National Railways of Zimbabwe.

C’est à une plongée dans le passé que nous invite la salle à manger. On y trouve un bel assortiment de pièces de mobilier (chaises, table et commodes) et d’accessoires (miroir et plateaux) datant de l’époque édouardienne, soit du tout début du vingtième siècle.
Le fil conducteur entre ces diverses pièces: le bois d’acajou. Chaises et table, ramenées de Londres ont repris du galon, après un séjour chez un ébéniste local. Les occupants de la maison ont aussi tenu à avoir près d’eux cette horloge de parquet fabriquée en France et achetée à Londres.

Moderne, fonctionnelle et… bien rangée. Le rêve d’Odette Harel s’est concrétisé avec cette cuisine américaine qui lui offre l’espace nécessaire pour jouer les fées du logis. “J’aime faire la cuisine et grâce à ces placards spacieux et fort pratiques, on n’est pas obligé de voir les casseroles.”
Les seuls appareils électroménagers visibles, comme la cafetière ou le grille-pain, se déclinent pour leur part dans une jolie couleur rouge framboise, histoire de faire le plein d’accents vitaminés. Autre point positif : les aliments sont rangés dans le garde-manger qui jouxte la cuisine.

Elle a beau être accueillante, la très lourde porte nous donne tout de même du fil à retordre.
Un pivot à axe excentré, toutefois, facilite quelque peu les choses tout en contribuant à l’esthétisme. À côté de l’entrée, Odette Harel a choisi d’installer une sorte de petit cabinet de curiosités, pour mettre en valeur des objets chinés çà et là, mais ayant surtout trait à la culture chinoise.

Pour le mobilier de la “TV-room”, le choix s’est porté essentiellement sur des sièges profonds et confortables, dont un canapé convertible de style “Cottage” anglais. Seule une pièce en fer forgé intrigue un peu : il s’agit d’une étagère à vin d’origine zambienne.

La “TV-room” a pris ses quartiers au premier étage, dans une pièce qui fait la part belle aux baies vitrées. L’on devine qu’une telle vue sur la rivière Citron – et sur la piscine – doit souvent détourner l’attention de la petite famille de l’écran de télé. Ci-contre, la vue, du jardin d’à-côté, vaut aussi le détour.

Dans la chambre d’ado donnant sur le jardin,
les couleurs toniques ont la main haute.
De grande dimension, la pièce est dotée d’une bibliothèque (hors champ) qui habille tout un pan de mur et d’une salle de bains avec
dressing. C’est dans cette pièce que semble avoir élu domicile le dernier-né de la famille, un tout jeune labrador répondant au nom de Misty.

La chambre principale, déclinée dans une teinte pastel, le lilas, invite au repos, surtout lorsque les volets sont tirés. Cosy à souhait, malgré ses grands volumes, elle dispose de deux dressings, outre la salle de bains en suite.
Le béton ciré y règne en maître, ornant toutes les surfaces, du sol au plan vasque en passant par le carré de douche… Les dimensions de la chambre sont aussi mises en lumière par les poutres apparentes qui attirent l’attention sur la hauteur sous plafond. La rigueur de leurs formes géométriques est ici contrebalancée par une tête de lit recouverte de textile. Et même s’il s’agit une fois de plus de géométrie et d’angles droits, la légèreté est de mise, grâce aux couleurs douces.

Source: Magazine Lacase No43
Reportage | Christine DECOSTA
Photos | Jean-Noël AH KEE et Ejilen RAMASAWMY