L’établissement de Baie-aux-Tortues a pour emblème l’arbre du voyageur, l’autre nom du ravenala. L’offre touristique qui y est associée est immanquablement une invitation au dépaysement.

D’abord le nom. «Ravenala». Ou arbre du voyageur. Un nom qui ne pouvait pas mieux convenir à cet établissement misant sur le thème du voyage et du dépaysement. Le concept est d’ailleurs «Un voyage dans le voyage». Sur la côte nord-ouest, à seulement un petit quart d’heure de la capitale, le quatre étoiles du groupe Attitude prend ses aises dans un jardin luxuriant de quelque 62 000 m2. Un espace démultiplié qui permet au visiteur de découvrir ce qui constitue l’âme mauricienne : derrière les ambiances tropicales et décontractées de la déco se devinent les infl uences venues d’ailleurs – d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Et que l’on découvre au fil de la visite.

L’exotisme se lit à la fois dans la déco et dans l’assiette. L’on songe aux motifs tropicaux qui s’affichent çà et là – les imprimés feuilles de palmiers, par exemple –, aux matériaux bien d’ici – le rotin, le ravenala, la fibre de coco –, ou encore à l’offre gastronomique de l’hôtel – dix restaurants pour satisfaire ceux qui sont à la recherche de nouvelles expériences gustatives. La cuisine italienne est à découvrir au restaurant A Tavola ! ; à la table de Madame Ming, l’on sert de la cuisine chinoise tandis qu’au Lime, installé dans l’aile réservée aux couples, l’on à droit «à l’un des meilleurs sushis de l’île», fait valoir Clémentine Katz, Marketing Manager du groupe. C’est au terme d’une importante rénovation que The Ravenala Attitude renaît des cendres de ce qui fût l’hôtel La Plantation jusqu’en avril 2014. Le nouveau propriétaire des lieux, avec l’aide de l’architecte et décoratrice d’intérieur française Paule de Romeuf, a su tirer le meilleur parti des grands espaces de l’hôtel et de son architecture pour mieux les ancrer dans la modernité. Le style est volontairement épuré, les couleurs se sont rapprochées de la nature. Sans jamais se départir de la touche «ottentik» chère aux établissements du groupe Attitude.

Une déco volontairement épurée, s’appuyant sur des meubles de bois clair ou des surfaces cérusées, apporte une touche de modernité et de décontraction à un espace qui, autrement, pourrait être intimidant, au vu des proportions de l’atrium. Le lobby reste malgré tout «à taille humaine» grâce à de grands canapés posés sur des dais en bois. Ceux-ci font presque oublier les grands espaces dégagés et attirent l’attention sur le centre de la pièce. De grands miroirs ornent le côté droit du lobby, reflétant le mobilier atypique, qu’il s’agisse du fauteuil balancelle, ou de l’assise posée sur un dais. Le revêtement de sol, constitué d’un amoncellement de galets, prend aussi le parti de l’originalité.

En face de l’entrée, le grand escalier qui menait à la plage en contrebas a été déplacé vers la droite. À la place, un bassin avec jeu d’eau a été installé. Sa particularité ? Grâce à un système «à débordement», on dirait presque que l’eau plonge dans le vide.

“TOUTES VOILES DEHORS ! LE RAVENALA EST UNE BELLE INVITATION AU VOYAGE.”

La tour de Pise imprimée sur toile, une pirogue toutes voiles dehors… Ce qu’ont en commun ces deux images ? La notion de voyage et d’ailleurs. Ajoutez-y une grande voile d’ombrage, et le dépaysement est total ! L’astuce, ici, a été d’utiliser l’image de la tour pour occulter les câbles et le mécanisme de la cabine d’ascenseur ! Accolée au grand escalier, la toile accentue aussi la hauteur sous plafond !

Les couleurs naturelles sont mises en avant dans les espaces communs de l’hôtel – comme ce petit salon qui jouxte les restaurants et le bar.
La note « exotic chic » y est aussi présente, notamment grâce à l’étonnante suspension faite de cordages. Elle fait écho aux poutres en bois brut et aux surfaces cérusées du mobilier. Le regard est aussi attiré par les photographies en noir et blanc qui ornent les murs – ici, une vue du Morne. Réalisées par le photographe Patrick Laverdant, ces clichés saisissent au vol le quotidien des Mauriciens.

Du mobilier épuré en bois clair, des stores en osier… rien, dans la déco ne se rapporte aux ambiances asiatiques auxquelles l’on pourrait s’attendre dans un restaurant chinois. Seules les suspensions cylindriques rappellent vaguement les lanternes chinoises volantes qui s’élèvent dans le ciel les soirs de fête. Et, quelque peu en retrait, des kakemono, sortes de banderoles verticales d’inspiration japonaise, complètent le tableau.

Dans une bâtisse en bois et en ravenala construite lors de la rénovation de l’hôtel, s’est installé le restaurant Kot Nou, dans une ambiance de case créole, avec ses cloisons parées de ravenala. L’occasion pour les visiteurs de découvrir, outre les «roche cari», et les vieilles «caray», les saveurs locales. Et cela, dans un lieu qui fleure bon les cuisines d’antan, les épices mélangées où l’on distingue au passage des effluves de curry, de safran ou de gingembre. Côté déco, le sol en béton ciré fait penser à nos vieilles cuisines au châlit rouge, tandis que les chaises en bois jaune safran en viendraient presque à aiguiser les papilles.

Décidément très tendance, le style bistrot chic, avec son concept industriel, sa jolie verrière, ses conduits apparents, a le vent en poupe.

The Bistrot, ouvert sur une esplanade, propose un savant brassage d’ambiances urbaines et de décontraction associée à un hôtel de plage. Des tableaux à message pour le côté pop, de jolies chaises recouvertes de tissus pour le côté chic. Des suspensions en osier pour la couleur locale, les ampoules vintage pour la touche design. Sur la droite, les influences industrielles se précisent : les chaises Tolix associées à des tables en bois brut au piètement en métal et les installations géométriques qui tiennent lieu de suspensions. Il s’agit d’ampoules encastrées dans des casiers grillagés accrochés au plafond. Et, pour la touche écolo, des bouteilles ont été recyclées de manière originale. La partie inférieure sert de verre, tandis que la partie supérieure est utilisée comme bougeoir.

Le rotin, star de la déco ! Ce matériau, un habitué de nos varangues créoles, avait tendance à passer quelque peu inaperçu, au fil du temps.

La décoratrice d’intérieur Paule de Romeuf a su lui redonner ses lettres de noblesse lors de la rénovation des chambres. Nul autre matériau ne pouvait mieux retranscrire l’ambiance tropicale que l’osier tressé utilisé ici comme tête de lit. À cette pièce forte – rehaussée par les tons bleu gris du mur d’accent – la décoratrice a assorti un fauteuil à bascule, à mi-chemin entre le fauteuil de grand-mère et le fauteuil planteur, qui sait occuper l’espace avec panache. La toile de Jouy est un autre élément qui occupe le devant de la scène : née au 18e siècle, mais toujours d’actualité en déco, elle est un rappel du passé colonial de l’île.

Lors de la remise à neuf des lieux, l’un des maîtres mots a été la récup’. Surtout en ce qui concerne les pièces en bois et les accessoires. Tables et plans de travail, entre autres, ont été réutilisés. Là un coup de pinceau, là du papier de verre… De quoi donner une seconde vie au mobilier, comme le plan vasque de la salle de bains.

Bienvenue dans la suite familiale avec vue sur la rivière Citron. Là, Paule de Romeuf a mis l’accent sur la tête de lit en rotin, en rajoutant un cadre en bois qui dirige le regard vers cet élément central de la déco. Comme dans toutes les chambres, une grande photo de Patrick Laverdant orne tout un pan de mur. Voici une chambre d’appoint pour les enfants qui sait aussi faire office de salon. Les banquettes, savamment installées sur des dais en bois, servent à la fois de canapé en plein jour, et de lit, la nuit venue. Pour la touche cosy, la décoratrice a misé sur les stores en bambou et le tapis en fibre de coco, ainsi que les lampe et suspension en rotin. La suite s’ouvre sur une jolie terrasse avec vue sur la rivière.

Au dehors, la rivière Citron off re un joli terrain de jeu aux estivants. Il faut savoir que la rivière a été nettoyée et que ses berges ont été réhabilitées de manière à pouvoir proposer des activités aquatiques, telles que le pédalo ou le vélo nautique. De quoi remonter le cours de la rivière et découvrir d’autres facettes de l’île. Pour les amoureux des dîners romantiques, le restaurant Riviera permet aussi une escapade sur l’eau, grâce à une structure flottante surmontée d’un auvent en toile tendue. C’est là un des plus récents ajouts aux services proposés par l’hôtel. Les extérieurs, comme les intérieurs, sont joliment mis en valeur. Et la touche ludique est omniprésente.

Sur les berges de la rivière, une surprenante trouvaille : un jeu d’échecs géant pour faire travailler les neurones, même en vacances. Côté plage, l’ambiance lounge est au rendez-vous. Le confort, les pieds dans le sable.

Une petite faim ? Un tour du côté de la Taba-J permet de découvrir, dans une roulotte aux couleurs acidulées, les incontournables du street-food local. Gâteaux piment, badjas et rotis sont servis ici, comme ils le seraient dans une échoppe du marché de Port-Louis ou d’Arab Town, à Rose-Hill. Couleurs et saveurs locales assurées…

Source: Magazine Lacase No47
Reportage | Christine DECOSTA
Photos | Jean-Noël AH KEE