Poussez la porte de La Maison d’Été, petit hôtel de charme de la côte est, où l’on est tout de suite accueilli à bras ouverts.

Cette galerie spacieuse occupe le rez-de-chaussée de l’aile “Océan”.
Signe distinctif : elle offre une vue dégagée sur le lagon en contrebas. Pour ce salon d’extérieur, la déco a été revue et corrigée : les meubles en rotin arborent dorénavant une patine blanche assortie à celle du miroir, intensifiant le contraste avec le paysage et les matières naturelles (bois osier, ardoise) alentour.

Tomber sous le charme d’un petit hôtel sur la côte est, lors d’un séjour à Maurice, le racheter dans la foulée, le remettre au goût du jour encore et toujours… Elle a de la suite dans les idées, Brigitte Baranès. La propriétaire de La Maison d’Été poursuit son aventure commencée en 2012 en nous dévoilant les chambres “Océan”, dans l’aile la plus récente de son établissement dessinée par l’architecte Bérengère Croidieu et décorée avec l’aide de l’équipe de décoration d’Xclusive Concept. La démarche démontre que cette spécialiste en communication originaire de Paris n’a pas peur des défis. Notamment celui qui consistait à se lancer dans la gestion d’un petit établissement hôtelier alors qu’elle n’avait pas nécessairement de l’expérience dans cette filière si particulière qui requiert une connaissance de tous les métiers de l’hospitalité, allant de l’accueil client à la gestion des cuisines en passant par la logistique. Mais Brigitte Baranès a bien davantage : le sens de l’hospitalité et surtout, cette envie d’offrir à sa clientèle ses propres désirs d’hôtels, ce qu’elle-même a longtemps recherché lors de ses voyages à l’étranger. Soit un lieu accueillant, convivial où poser ses valises pour quelques jours ou davantage.
Un lieu qui soit promesse de découverte et de dépaysement alors même qu’il apporte le réconfort du chez-soi. “Je me suis occupée de cet hôtel au feeling, avec mon intuition. J’ai aussi beaucoup appris auprès des équipes”, raconte l’hôtelière, qui revendique aussi le statut d’adresse confidentielle de son établissement.
Mais c’est un secret qu’elle veut bien partager, après avoir elle-même appris à “découvrir Maurice autrement”. Le résultat est là avec la présence de La Maison d’été sur la Gold List 2016 d’Air France Madame, qui sélectionne les plus belles adresses d’hôtels au monde… En offrir toujours davantage à ses clients est bel et bien un leitmotiv pour Brigitte Baranès. Son établissement propose aujourd’hui 16 chambres, soit six de plus qu’il n’en comptait au départ. Toutes bercées par l’océan…

Charme de l’ancien et ambiance feutrée obligatoire pour ce coin billard qui fait partie des espaces communs de l’établissement.
Bois et ravenala se côtoient, à peine effleurés par l’éclairage d’une suspension en cuivre. Certaines pièces de mobilier, de même que les gravures, ont été chinées chez son amie Géraldine Bouic de L’Antiquaire à Curepipe. “Je voulais retrouver l’ambiance et la chaleur d’une maison mauricienne dans cet hôtel ; il fallait donc des meubles qui avaient du vécu.” Côté lounge, le piano, les tableaux, les peaux de bêtes et le confortable canapé renvoient aussi à la chaleur d’une maison.

comme à la maison

Belle mise en relief pour ce fauteuil planteur revisité et son repose-pied, placés sur un tapis de corde. Sa couleur sombre et ses lignes offrent un élégant contraste avec les tonalités douces de la chambre. Une chambre qui ferait presque penser à un cocon.

Pour l’habillage d’un mur immaculé, Brigitte Baranès a choisi des pièces de vannerie, clin d’oeil soutenu à la culture du pays et à la dextérité de ses artisans.

Les gongs à l’entrée sont bien plus que des objets de décoration. La maîtresse des lieux invite ainsi ses hôtes, à leur arrivée, à se défaire de leurs soucis afin de mieux se ressourcer et retrouver l’équilibre.

Mélange de pierre, de bois, d’ardoise et de ravenala pour une ambiance lounge sous les tropiques. La végétation se plaît dans cet intérieur grâce à des plaques translucides qui laissent filtrer les rais du soleil, dans un jeu d’ombre et de lumière.

Bienvenue dans la chambre 17, qui peut être jumelée avec sa voisine, la 16, pour constituer une suite familiale. L’utilisation de la couleur blanche répondait à une envie de Brigitte Baranès de créer un univers calme et reposant, mais non sans quelques accents toniques, sous forme de mobilier ou d’accessoires rouge corail. Car si cette couleur est un clin d’oeil à l’environnement marin, elle est aussi une tentative de se démarquer des habituels turquoise ou bleu azur. Autre choix décoratif : de vieilles palettes transformées en tête de lit, façon pont de bateau, pour un séjour en immersion. C’est dans ce décor immaculé que la maîtresse des lieux a choisi de mettre en lumière des paysages mauriciens, capturés par l’objectif de la photographe Gada Schaub.

Ce qui fait l’originalité de cette salle de bains, c’est sans conteste le duo de miroirs accrochés à l’aide de cordages. Côté face, le miroir, et côté pile, un accessoire de décoration qui fait écho à la tête de lit. Outre la baignoire, on y trouve aussi une grande douche parée d’ardoise.

Du rouge encore et toujours. Coussins, chemin de lit, pied de lit se déclinent dans ce coloris tonique, pour mieux accentuer les détails plus “nature”, comme la table d’appoint constituée d’une souche, ou la toiture de ravenala.

“LIGNES MODERNES ET MATÉRIAUX NATURELS. L’AILE OCÉAN ALLIE CHARME TROPICAL ET FARNIENTE”

Vue sur l’aile “Océan”. Celle-ci fait cohabiter des lignes modernes avec des matériaux naturels : chaume, bois, osier et pierre. La maîtresse des lieux a aussi choisi de laisser s’exprimer le jardin autour de la plage de piscine qui accueille ici la version tropicale et tout en courbes de la méridienne.

Une image de carte postale comme on les aime. C’est la vue qui s’offre aux occupants des chambres à l’étage. Un mélange de couleurs éclatantes où le jardin-écrin est une invitation à aller au-delà, vers le lagon. L’on note au passage les transats et parasols rouges. Ils ont été difficiles à trouver, raconte Brigitte Baranès. On ne les apprécie que mieux.

Dans cette chambre de rez-de-chaussée, l’on accorde une mention spéciale au lit d’appoint, installé dans une sorte de renfoncement ou d’alcôve. Un moyen ingénieux de créer une séparation avec la chambre des parents. De jour, agrémenté de coussins, il se transforme en canapé. Autre bonne idée : les trois petites tables assorties à l’installation murale, un joyeux jeu de vannerie …

Le corail n’est jamais très loin et inspire toujours. Cette sculpture murale a été réalisée par Alexandrine Maigrot et Denis Vinson, qui ont façonné le métal avant de l’enduire de cette caractéristique laque rouge.

 

Source: Magazine Lacase No42
Reportage | Christine DECOSTA
Photos | Jean-Noël AH KEE